Tribune diffusée dans Ouest France 

L’eau, un enjeu stratégique au cœur des préoccupations territoriales

La Journée mondiale de l’eau, instituée par les Nations unies depuis 1992 est célébrée le 22 mars pour mettre en lumière l’aspect spécifique de l’eau douce.

En ma qualité de rapporteur pour avis des crédits dédiés aux paysages, à l'eau, et à la biodiversité du projet de loi de finances et membre du Comité national de l'eau, je saisis cette occasion pour rappeler combien la biodiversité a besoin d’eau de qualité et en quantité !

L’eau est l’un des marqueurs du changement climatique. Je suis d’ailleurs très étonné de l'absence de volet « eau » dans le projet de loi Climat. Les services d'eau et d'assainissement et leurs opérateurs ont un rôle essentiel à jouer dans l'attractivité des territoires : sans eau, il n’y a pas d’activité économique agricole et industrielle !

Le réchauffement climatique va nous obliger à être notamment plus performants dans notre gestion des ressources en eau, car les milieux sont de plus en plus sensibles. Les ressources en eau devraient diminuer de 10 % à 40 % d’ici 2050 ! La diminution de la capacité des nappes phréatiques, les périodes de sécheresse qui s’allongent, se répètent et obligent les restrictions d’eau, les inondations, en sont des preuves tangibles.

Cette urgence à agir pour la protection de cette ressource naturelle a été intégrée et actée lors des Assises de l’eau - la sobriété en eau est à poursuivre.

L’exemple de la vétusté des infrastructures est assez symptomatique. Aujourd’hui, 25% de l’eau potable serait perdue dans les canalisations à cause des fuites. Cela correspond à l’équivalent du lac d’Annecy. Quel gaspillage !

Le renouvellement des canalisations s’impose, au risque d’accélérer la fracture entre les territoires ruraux et les villes. En effet, selon la loi sur l’eau de 1964, le principe actuel du financement de l’eau est local.

L’amélioration de la résilience des réseaux et l’adaptation au changement climatique sont des défis majeurs qui nécessitent une augmentation des investissements dans les secteurs de l’eau.

L’un des objectifs de la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau, c’est aussi le rétablissement de la continuité écologique au sein des bassins hydrographiques.

La continuité écologique, la libre-circulation des poissons et des sédiments dans les cours d’eau est un enjeu majeur de préservation de la biodiversité et du bon état des masses d’eau, conformément à la directive cadre sur l’eau de 2000 et à la loi de 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) qui prévoit des classements de cours d’eau.

Comme bien souvent en matière de protection de l’environnement, il faut savoir trouver un équilibre qui garantisse la protection de la biodiversité induite par la continuité écologique et les différents usages de l’eau indispensables à l’économie locale et nationale.

L’eau est un bien commun indispensable à la vie. La prise de conscience de la gestion de la ressource eau doit être collective. Cette Journée mondiale nous concerne tous !