La crise sanitaire actuelle est une alerte des conséquences que peuvent avoir l’impact des activités humaines sur la biodiversité. Il est urgent de retrouver un équilibre entre l’homme et la nature, mais aussi de prendre certaines mesures concrètes pour favoriser la biodiversité.

La biodiversité a besoin d’eau de qualité et en quantité !

Nous devons ainsi veiller à une gestion durable des ressources en eau, parce que l’eau est au cœur d’enjeux économiques, sociaux, environnementaux, mais aussi parce que notre pays connait régulièrement des restrictions d’eau en raison des canicules et sécheresses.

C’est d’ailleurs la responsabilité des politiques de l’eau de donner la priorité à des usages plus économes de la ressource et à la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature pour optimiser la recharge des nappes ! C’est la raison pour laquelle je milite pour que la ressource en eau soit protégée avec des moyens sanctuarisés, voire accentués.

Depuis le confinement de mars, la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat m’a confié le suivi des impacts de la crise sur les secteurs de l’eau et de la biodiversité qui ont nécessité des réactions urgentes et immédiates.

J’en ai tiré deux principaux enseignements :

Le secteur de l’eau et de l’assainissement, qui représente environ 30 000 emplois directs et 13 milliards d’euros par an, les entreprises de l’eau et les collectivités territoriales ont démontré leurs capacités de résilience. Elles ont assuré la continuité de ce service essentiel à la vie de la Nation, malgré des difficultés opérationnelles inédites.

Deuxième enseignement, la crise a mis en lumière l’importance du travail réalisé en matière de digitalisation, qui a permis d’assurer le suivi de l’exploitation et des contrôles qualité.

Comment accompagner le secteur dans la reprise ? Il me semble fondamental de garantir une trajectoire d’investissements conforme à l’ambition des Assises de l’eau et adopter des mesures de bon sens. Nous avons besoin de stabilité et de lisibilité en matière de politiques publiques. 

À court terme, il faudrait mettre en œuvre des mesures pour soutenir les collectivités et les entreprises de l’eau et de l’assainissement. Par la possibilité pour les communes de plus de           3 000 habitants d’accorder des subventions d’équilibre à leurs services publics locaux par exemple ;

À moyen terme, il faut sécuriser les budgets et rehausser de 2 à 4 milliards d’euros par an le niveau des investissements pour le renouvellement des réseaux et l’adaptation au changement climatique, afin de mener des travaux dans les territoires portés par les collectivités locales.

Les travaux ont baissé de l’ordre de 80 à 90 % pendant le confinement et cela s’ajoute au sous-investissement chronique dans le secteur de l’eau, avec un taux de renouvellement des canalisations qui demeure trop faible, à 0,5 % par an. Avec le principe de « l’eau paie l’eau » localement, la conséquence de cette absence d’investissement massif aura un impact sur la facture en eau des français et des collectivités rurales.

L’amélioration de la résilience des réseaux et l’adaptation au changement climatique sont donc des défis majeurs qui nécessitent donc une augmentation des investissements dans les secteurs de l’eau.