Retrouvez mon intervention auprès de Cédric O', secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques :

 http://videos.senat.fr/video.1828551_5fb61f2da790f.seance-publique-du-19-novembre-2020-matin?timecode=12993000

 

Préserver la liberté d’expression, lutter contre les contenus haineux sans censurer : cette limite est bien difficile à cerner par la loi.

Nous devons protéger à tout prix cette liberté d’expression qui est garantie par la Constitution et qui est pourtant en recul partout en France.

Je le dis fermement : notre liberté d’expression n’est pas négociable. Mais la liberté d’expression n’est pas la seule valeur de notre société. Il y a aussi le respect, la décence, le bien commun.

Nous avons aussi le devoir de refuser et de combattre cette augmentation et banalisation de la violence décuplée par la puissance des réseaux sociaux qui parfois, attisent et prêcher la haine.

Nous devons aussi nous pencher sur les raisons de cette augmentation de la violence.

Il y a aujourd’hui un problème d’éducation à cette liberté d’expression, à ses excès, mais aussi un vrai problème moral.

Cette liberté d’expression n’est pas toujours bien comprise, et bascule parfois dans la calomnie, l’injure et produit ainsi de la violence.

La liberté d’expression, c’est la contradiction, le débat, la recherche de la vérité.  

A l’époque des attentats de 2015, Régis Debray avait une formule que je trouve intéressante : « le désert des valeurs fait sortir les couteaux ».  

Dans un monde si relativiste, où on a déconstruit les notions d’autorité, de respect et où il n’y a plus de vérité mais des vérités, comment s’étonner de cette montée de la violence ?

Je suis aussi frappé qu’aujourd’hui en France, dans un pays démocratique, il y a des choses qu’on ne peut plus dire, il y a des débats qu’on ne peut plus avoir.

La censure n’est pas la solution. Je suis opposé à ce que les GAFA régulent notre liberté d’expression. Ne créons pas une police de la pensée !

J’ajoute que la notion de « contenus haineux » n’est pas définissable et ne peut faire l’objet d’aucune définition juridique…

Mais il me semble qu’il y a un vrai travail à faire en amont pour éduquer à l’esprit critique, à la raison, au débat dans le respect. On combat un adversaire, non pas en le bâillonnant juridiquement, mais avec des arguments.

Il faudrait pouvoir faire davantage de la prévention et l’éducation sur l’utilisation civique et responsable des réseaux sociaux.

Monsieur le Ministre, comment créer selon vous les conditions d’un débat serein aujourd’hui en France ?