Les questions qui sont relatives à notre condition humaine, à la filiation, au corps humain et à la bioéthique sont à la fois des questions complexes, fondamentales, intimes et profondément communes.

On dit souvent que les questions de bioéthique relèvent des convictions personnelles. Je ne suis pas tout à fait d’accord dans la mesure où, notre rôle, en tant que législateur, c’est de dénoncer toutes les menaces qui pèsent dès aujourd’hui sur les êtres humains et qui pèseront demain sur les générations futures.

Parce que la médecine devient de plus en plus puissante, et que nous prenons de moins en moins de précautions intellectuelles, sociales et humaines pour pouvoir limiter toutes les tentations des chercheurs et encadrer le progrès, afin qu’il serve, non pas le progrès mais l’Homme.

Notre rôle n’est pas d’organiser la satisfaction des désirs personnels mais de servir le bien commun et de défendre les plus vulnérables – à savoir ici l’enfant.

J’ai cosigné l’amendement de Mme Chain Larché qui supprime l’article 1 qui donne à toutes les femmes, qu’elles soient célibataires ou en couple, le droit à la PMA.

Trop de questions restent en suspens, et nous ne pouvons légiférer trop vite, sans visibilité, sans appréhension réelles des conséquences des bouleversements que ce texte s’apprête à engager.

Nous allons modifier en profondeur la filiation et supprimer le père du modèle légal filiatif.

Du point de vue des enfants, cela signifie que nous institutionnalisons dans la loi l’absence de père. Un enfant a très certainement envie d’un père et d’une mère. Pas d’un père anonyme, ni d’un père qui est mort il y a 3 ans, mais d’un père, vivant, en chair et en os ! Le principe d’égalité ne doit-il pas être appliqué aux enfants ?

De plus, la PMA ne nous mènera-t-elle pas inévitablement vers la GPA ? Au nom du principe d’égalité, je ne vois pas ce qui nous retiendra ! Ne faut-il pas appliquer le principe de précaution ?

Est-ce que l’abandon du critère médical d’infertilité pour accéder à la PMA n’ouvrirait pas la porte à un « droit à l’enfant » sans père ?

Abandonner le but thérapeutique interroge sur le sens de la médecine. La médecine doit-elle répondre au désir sociétal ? N’y a-t-il pas un détournement de la mission de la médecine ?

Pour toutes ces questions sans réponse, et dans l’intérêt de l’enfant, je voterai contre la PMA pour toutes.