L’IPBES, une plateforme internationale de chercheurs sur la biodiversité a publié un rapport sur l’état des milieux naturels. Plus d'un million d'espèces seraient menacées d'extinction. Les scientifiques alertent sur le fait que des actions rapides sont nécessaires pour enrayer un déclin qui menace même à terme l’existence de l’homme sur Terre.

C’est un équilibre entre croissance économique, protection de l’environnement et lutte contre le changement climatique que nous devons trouver.

Notre survie est menacée par les nouveaux pouvoirs que nous offrent la science moderne. L’usage que l’homme fait de la technique risque de détruire l’environnement indispensable à sa survie, et de le détruire lui-même par la même occasion. La biodiversité, conséquence directe du changement climatique, est en chute libre.

Une dynamique internationale en faveur de la biodiversité est enclenchée. En 2020, se tiendra en Chine la COP15 sur la biodiversité. La même année se tiendra à Marseille le Congrès Mondial pour la Nature.

Ces grands rendez-vous internationaux œcuméniques, qui rassemblent experts, scientifiques et politiques sont indispensables pour éclairer l’action publique et donner une impulsion.

Mais du constat scientifique, il faut passer à la réalité, à la réalité d’une écologie rationnelle.

Une écologie rationnelle sera possible grâce à une trajectoire politique claire, cohérente sur le long terme. Nous payons les allers retours incessants de la stratégie de notre politique énergétique. Réduisons notre dépendance aux hydrocarbures, réinterrogeons – et tentons de le faire sans tabous - la place du nucléaire dans notre mix énergétique. Il en est de même pour les énergies renouvelables. Les conclusions de la commission d'enquête parlementaire qui vient d’être lancée sur l’impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables et sur la transparence des financements de transition énergétique seront éclairantes.

Une écologie rationnelle sera possible grâce au milieu économique qui doit encourager, grâce à l’innovation, les entreprises à intégrer la biodiversité dans leur stratégie.
Enfin, une écologie rationnelle doit se faire par les territoires, par le bas, au niveau de l’échelon local, en faisant confiance aux acteurs qui connaissent la nature et qui l’observe.

Il y a les agriculteurs, qui s'attachent à faire évoluer leurs pratiques agricoles et à réhabiliter progressivement les haies du bocage pour favoriser la biodiversité.
Il y a les acteurs locaux (associations, chasseurs, pêcheurs…) qui agissent sur le terrain pour préserver les populations d’espèces sauvages et garantissent une meilleure gestion des milieux naturels.
Il y a enfin les collectivités territoriales qui sont au coeur de l’aménagement des territoires et qui ont un rôle majeur de protection de la nature. Plus de décentralisation permettrait de renforcer ces acteurs majeurs du développement durable.

C’est sur tous ces réseaux d’acteurs que nous devons nous appuyer pour reconquérir la biodiversité et tendre vers une mise en commun des observations et des connaissances, afin de bâtir des approches territoriales et proposer une adaptation des politiques publiques à la gestion de l’environnement.