Membre de "Génération entreprise-Entrepreneurs associés", je suis des l'un des 74 cosignataires de la tribune "Loi pacte : il faut aller plus loin pour libérer notre croissance", publiée dans le Figaro le 25.09.2018

Croissance ralentie, chômage persistant, dette préoccupante… Oui, l’état de notre économie doit continuer à nous mobiliser !


Alors que le gouvernement d'Edouard Philippe avait tablé sur une croissance de 2% en 2018, celle-ci connaît en réalité un vrai coup d’arrêt. En stagnant à 0,2% du PIB au deuxième trimestre, elle devrait ainsi davantage avoisiner les 1,7% cette année, avec des conséquences en cascade sur notre niveau de chômage ou la situation de nos finances publiques.


Avec un taux de 9,2%, la France reste ainsi en queue de peloton de la zone Euro, mais elle apparaît surtout comme le membre de l’Union européenne dont le chômage décroît le plus lentement depuis le début de la reprise. Quant à notre dette, cette dernière continue inexorablement de grimper pour s’élever aujourd’hui à 97,6% du PIB, un niveau sans précédent dans notre Histoire.
Mais alors, après la magnifique victoire de la France au mondial de football, que faire pour que notre pays devienne, aussi, le champion du monde de l’économie et de l’emploi ?


Le Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises, dit Loi PACTE, offre une opportunité historique pour déverrouiller les principaux freins à la croissance de nos entreprises, libérer leur capacité d'emploi et débrider, enfin, leur formidable potentiel d'innovation.
L’installation d’un guichet unique pour la création d’entreprise, la rationalisation des procédures de redressement judiciaire ou encore la libération de l’intéressement et de la participation, conformément à l’objectif du Général de Gaulle de mettre fin aux affrontements stériles entre capital et travail, vont notamment dans la bonne direction. Certaines de ces propositions étaient d’ailleurs présentes dans le livre blanc de « Génération entreprise – Entrepreneurs associés », remis au Ministre de l’Economie et des Finances, par les 140 parlementaires membres de cette association d’intérêt général, en janvier de cette année.


C’est pourquoi, si nous soutenons les mesures qui visent à lever les obstacles du développement de nos entreprises, de leur création à leur transmission, en passant par leur financement, nous appelons également de nos voeux que certaines d’entre elles soient beaucoup plus ambitieuses. Comme le préconise le FMI, c’est en effet maintenant qu’il faut « réparer la toiture tant que le soleil brille » en profitant de cette conjoncture économique favorable pour mener des réformes courageuses.

C’est notamment le cas de la simplification des seuils sociaux, ces véritables freins à l’embauche qui conduisent notre pays à cette situation unique au monde avec 2 fois plus d'entreprises de 49 que de 50 salariés !


Certes, la mise en place d’un délai de 5 ans pour répondre aux obligations et l’harmonisation du mode de calcul des effectifs faciliteront la vie des entrepreneurs. Mais pourquoi ne pas aller plus loin en repoussant toutes les obligations du seuil de 50 salariés, même celles du code du travail, à au moins 100 salariés ? L’enjeu est de taille car si notre pays détient l’un des records du monde en termes de créations d'entreprises, avec 591.000 créations en 2017, ces dernières ne grandissent que trop lentement, avec seulement 5.800 Entreprises de tailles intermédiaires, contre plus 12.500 en Allemagne !


Concernant le financement de nos entreprises, il faudrait également plus d’ambitions tant le léger renforcement prévu du PEA-PME et des fonds Euro-croissance, deux instruments financiers mis en place sous le précédent quinquennat et qui n’ont jamais rencontré le succès escompté, semble insuffisant face à l’urgence de la situation.
Dès lors, pourquoi ne pas déplafonner le dispositif Madelin, le PEA-PME et le financement participatif ? Une telle mesure permettrait de combler la fin de l’ISF-PME et de faire émerger de solides « Business Angels » pour transformer notre épargne stérile en une épargne fertile, au service de l’emploi des Français. Il s’agit en effet de s’attaquer au sujet crucial du renforcement de l’investissement direct des Français vers nos TPE, nos start-up et nos PME en augmentant considérablement l’incitation fiscale en proportion des risques pris, à l’image de l’exemple britannique avec une incitation forte à investir, jusqu'à 1 million de livres, déductible à 30% de l'impôt sur le revenu.


Alors oui, ne manquons pas d’audace pour réconcilier les Français avec l’économie et leur donner envie de s’impliquer dans la vie de nos entreprises. C’est une exigence si nous voulons libérer les talents, les énergies, les volontés, pour devenir la « silicon valley » de l’Europe à horizon de 10 ans et redonner à notre pays l’optimisme qu’il n’aurait jamais dû perdre !